article paru le 14 février 2025 dans La Région, le journal du Nord-vaudois | Texte et photo: Jean-François Reymond
Depuis 2016, pour faire face à la crise migratoire, un projet a été lancé afin de mettre en relation les habitants régionaux avec des familles de migrants en exil, en particulier pour les mineurs non accompagnés qui deviennent de plus en plus nombreux. Avec le Centre fédéral d’asile, la Cité du fer (ndlr: Vallorbe) est particulièrement concernée.
Action-Parrainages a donc été lancée conjointement par plusieurs associations et églises cantonales, qui ont réussi à mobiliser des centaines de bénévoles de tous les milieux et voulant bien s’engager. Actuellement, dans le canton, on dénombre quelque 600 binômes migrants-Suisses qui fonctionnent bien. Ils soutiennent des personnes arrivées il y a peu en Suisse en les accompagnant sur le plan humain, en les aidant au niveau administratif et linguistique, les mettant ainsi en confiance pour une intégration plus rapide et mieux réussie.
La problématique la plus urgente concerne les migrants non accompagnés. De nombreux jeunes réfugiés, des garçons comme des filles, âgés de 14 à 18 ans, sont arrivés ici sans leur famille depuis l’Afghanistan, la Turquie ou le Soudan et sont placés dans des structures d’accueil de la région. Seuls et désespérés, ils souhaitent ardemment retrouver un encadrement familial plus chaleureux.
Recherche de parrains ou marraines
C’est pourquoi Action-Parrainages recherche encore des parrains ou marraines prêts à s’engager pour cela, en créant une amitié durable autour de repas, sorties, ou autres activités à raison de deux fois par mois. La responsable régionale Line-Claude Magnenat explique la démarche.
«Il nous faut encore sensibiliser la population à cet état de fait. L’EVAM (Etablissement vaudois d’accueil de migrants) a développé des petites structures régionales afin de les rendre plus agréables pour faciliter les contacts. Il y a une certaine urgence. Pour la région, 15 jeunes migrants demandeurs volontaires sont déjà en liste d’attente.»
Bien sûr, cette démarche volontaire peut susciter des appréhensions, des craintes ou des doutes. Mais Action-Parrainages propose un soutien suivi, des rencontres de formation et des moments d’échanges, et cela en permanence. Même des essais sont possibles sans engagement sur la durée. Ces jeunes sont scolarisés et ont déjà des notions de la langue française pour s’exprimer. Ils doivent se reconstruire après des périodes difficiles et peinent à se confier. Pour eux, c’est une touche importante dans leur vie. Il s’agit donc de faciliter leur intégration sur un chemin de confiance.

